This section is from the book "Human Personality And Its Survival Of Bodily Death", by Frederic W. H. Myers. Also available from Amazon: Human Personality And Its Survival Of Bodily Death.
Mon camarade, ayant entendu la brusque interruption de mon jeu, avait leve la tete et, tant que je me rappelle, disait avoir vu aussi quelqu'un passer devant la porte de mon cabinet, mais, voyant mon excitation, il me dit, pour me tranquilliser, que probablement c'etait Nikita, mon domestique, qui etait venu arranger la lampe. Nous allames immediate-ment dans sa chambre, il n'y etait pas; il etait en bas, dans la cuisine, ou il preparait le samovar. Voila comment je vis Palladia pour la premiere fois, trois ans apres sa mort.
1 A plan enclosed shows a suite of four rooms, M. Potolof's study, the ante-room, the drawing-room, and M. Mamtchitch's study, all opening into one another, the three doors between them being in one straight line.
Apres la premiere apparition de Palladia, en Octobre, 1876, et jusqu'a present, je la vois souvent. Il arrive que je la vois trois fois par semaine, ou deux fois le meme jour, ou bien un mois se passe sans la voir. En resume, voila les traits principaux de ces apparitions.
(1) Palladia apparait toujours d'une facon inattendue, me prenant comme par surprise, juste au moment quand j'y pense le moins.
(2) Quand je veux la voir moi-meme, j'ai beau y penser ou le vouloir - elle n'apparait pas.
(3) A de rares exceptions, son apparition n'a aucun rapport avec le courant de ma vie, comme presage ou avertissement de quelqu' evenement insolite.
(4) Jamais je ne la vois en songe.
(5) Je la vois egalement quand je suis seul, ou en grande compagnie.
(6) Elle m'apparait toujours avec la meme expression sereine des yeux; quelques fois avec un faible sourire. Elle ne m'a jamais parle, a l'exception de deux fois, que je vais raconter plus loin.
(7) Je la vois. toujours dans la robe foncee qu'elle portait lorsqu'elle mourut sous mes yeux. Je vois distinctement son visage, sa tete, les epaules et les bras, mais je ne vois pas ses pieds, ou plutot je n'ai pas le temps de le examiner.
(8) Chaque fois, en voyant Palladia inopinement, je perds la parole, je sens du froid dans le dos, je palis, je m'ecrie faiblement, et ma respiration s'arrete (c'est ce que me disent ceux qui par hasard m'ont observe pendant ce moment).
(9) L'apparition de Palladia se prolonge une, deux, trois minutes, puis graduellement elle s'efface et se dissout dans l'espace.
A present je vais decrire trois cas d'apparitions de Palladia dont je me souviens bien.
(1) En 1879, a la fin de Novembre, a Kieff, j'etais assis a mon bureau a ecrire un acte d'accusation; il etait 8 1/4 du soir, la montre etait devant moi sur la table. Je me hatais de finir mon travail, car a 9 h. je devais me rendre a une soiree. Tout a coup, en face de moi, assise sur un fauteuil, je vis Palladia; elle avait le coude du bras droit sur la table et la tete appuyee sur la main. M'etant remis de mon saisissement, je regardai la montre et je suivis le mouve-ment de l'aiguille a seconde, puis je relevai les yeux sur Palladia; je vis qu'elle n'avait pas change de pose et son coude se dessinait clairement sur la table. Ses yeux me regardaient avec joie et serenite; alors pour la premiere fois je me decidai de lui parler: "Que sentez-vous a present?" lui demandai-je. Son visage resta impassible, ses levres, tant que je me rappelle, resterent immobiles, mais j'entendis distinctement sa voix prononcer le mot "Quietude." "Je com-prends," lui repondis-je, et effectivement, en ce moment, je comprenais toute la signification qu'elle avait mise dans ce mot. Encore une fois, pour etre sur que je ne revai pas, je regardai de nouveau la montre et je suivis les mouvements de l'aiguille a seconde; je voyais clairement comme elle se mouvait.
Ayant rap-porte mon regard sur Palladia, je remarquai qu'elle commencait deja a s'effacer et disparaitre. Si je m'etais avise de noter immediatement la signification du mot "Quietude," ma memoire aurait retenu tout ce qu'il y avait de nouveau et d'etrange. Mais a peine avais-je quitte la table pour monter en haut, chez mon camarade Apouktine, avec lequel nous devions aller ensemble, que je ne pus lui dire autre chose que ce que je viens d'ecrire.
(2) En 1885, je demeurais chez mes parents, a une campagne du gouvernement de Poltava. Une dame de notre connaissance etait venue passer chez nous quelques jours avec ses deux demoiselles. Quelque temps apres leur arrivee, mutant reveille a l'aube du jour, je vis Palladia (je dormais dans une aile separee ou j'etais tout seul). Elle se tenait devant moi, a cinq pas a peu pres, et me regardait avec un sourire joyeux. S'etant approchee de moi, elle me dit deux mots: "J'ai ete, j'ai vu," et tout en souriant disparut. Que vou-laient direces mots, je ne pus le comprendre. Dans ma chambre dormait avec moi mon setter. Des que j'apercus Palladia, le chien herissa le poil et avec glapissement sauta sur mon lit; se pressant vers moi, il regardait dans la direction ou je voyais Palladia. Le chien n'aboyait pas, tandis que, ordinairement, il ne laissait personne entrer dans la chambre sans aboyer et grogner. Et toutes les fois, quand mon chien voyait Palladia, il se pressait aupres de moi, comme cherchant un refuge. Quand Palladia disparut et je vins dans la maison, je ne dis rien a personne de cette incident.
Le soir du meme jour, la fille ainee de la dame qui se trouvait chez nous me raconta qu'une chose etrange lui etait arrivee ce matin: "M'etant reveillee de grand matin," me dit-elle, "j'ai senti comme si quelqu'un se tenait au chevet de mon lit, et j'entendis distincte-ment une voix me disant: 'Ne me crains pas, je suis bonne et aimante.' Je tournai la tete, mais je ne vis rien; ma mere et ma sceur dormaient tranquille-ment; cela m'a fort etonnee, car jamais rien de pareil ne m'est arrive"."Sur quoi je repondis que bien des choses inexplicables nous arrivent; mais je ne lui ditrien de ce que j'avais vu le matin. Seulement un an plus tard, quand j'etais deja son fiance, je lui fis part de l'apparition et des paroles de Palladia le meme jour. N'etait-ce pas elle qui etait venue la voir aussi? Je dois ajouter que j'avais vu alors cette demoiselle pour la premiere fois et que je ne pensais pas du tout que j'allais l'epouser.
 
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